1. Le contexte international en mutation rapide et l'évolution de nouvelles menaces et de nouveaux enjeux nécessitent une action plus souple et mieux adaptée de la communauté internationale. Celle-ci doit en outre être prête à aider les États vulnérables et les gens à passer d'une situation de conflit à une paix durable, et cela, par une contribution énergique à la stabilisation et à la reconstruction. S'agissant des opérations internationales de maintien de la paix et de celles vouées à la stabilisation et à la reconstruction, l'Organisation des Nations Unies (ONU) joue un rôle de premier plan. Aussi l'ONU a-t-elle créé une nouvelle Commission de la consolidation de la paix, qui apportera un soutien durable, concerté et ciblé aux pays qui sortent d'un conflit. L'ONU met également sur pied en ce moment un bureau de soutien à la consolidation de la paix et un fonds permanent pour la consolidation de la paix. Elle passe également en revue son processus intégré de planification des missions, de façon à mieux tirer parti des mécanismes institutionnels. Conjugué à un partenariat judicieux avec des membres du G8 et d'autres acteurs, y compris des organisations régionales, cela se traduira par une meilleure protection des populations civiles et par une action internationale nettement mieux concertée et plus stratégique en matière de stabilisation et de reconstruction. Ces dernières années, des organisations multilatérales et régionales, ainsi que des pays, ont consacré des ressources importantes à l'élaboration de nouveaux outils pour la stabilisation et la reconstruction. Par ailleurs, des pays s'emploient, à titre individuel, à mieux utiliser leurs ressources nationales en intégrant leurs capacités diplomatiques, de défense et de développement, de manière à favoriser une planification et une stratégie communes en vue de la stabilisation et de la reconstruction.
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2. Le G8 s'est attachée également à remédier aux lacunes de la stabilisation et de la reconstruction, avec un accent particulier sur l'Afrique. Tous ces efforts ont produit des dividendes, mais pour qu'ils soient véritablement couronnés de succès, les chefs d'État du G8 estiment qu'il faudra mener une action internationale plus cohérente, de manière à renforcer les capacités de l'ONU et à mettre à contribution des capacités nationales et régionales complémentaires. Les capacités nationales jouent un rôle de premier plan à cet égard et nous nous attendons à ce que l'action internationale soit un mélange d'initiatives onusiennes, régionales et nationales. En ce qui concerne la prévention des conflits, la stabilisation et la reconstruction, les chefs d'État du G8 s'engagent collectivement à mieux coordonner leurs efforts mutuels, ainsi que ceux déployés avec des partenaires externes cruciaux, de façon à établir des liens entre des initiatives existantes, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du G8, et à s'en inspirer. À ce titre, ils s'engagent à prendre les mesures suivantes :
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Mesures visant à renforcer la collaboration en matière de stabilisation et de reconstruction
Coopération entre partenaires du G8 : Nous avons demandé à la présidence russe d'organiser et de diriger des consultations sur cette question. Des spécialistes du G8 inviteront des représentants de l'ONU et d'organisations régionales compétentes oeuvrant dans un large éventail de domaines (développement, sécurité et diplomatie), à se réunir dans les plus brefs délais en 2006, après l'Assemblée générale des Nations Unies, pour discuter de la faisabilité des mesures suivantes :
- Opérations de soutien à la paix : Maintenir les engagements antérieurs du G8, à savoir renforcer les capacités d'action internationales en ce qui concerne les opérations de soutien à la paix, tout particulièrement en Afrique, y compris par un soutien au Centre d'excellence pour les unités policières chargées de la stabilité (COESPU), à Vicence, en Italie. À cela s'ajoutent des discussions ultérieures sur la conclusion éventuelle d'un arrangement relatif aux transports et au soutien logistique (TLSA) en 2006, de façon à combler de graves lacunes en ce qui a trait à la capacité d'action rapide face à des crises : il s'agit ici de fournir à des pays des capacités de transport pour qu'ils puissent déployer des unités de soutien et de soutien logistique sur le terrain. Cela comprend la poursuite de l'aide à l'Union africaine (UA) pour l'acquisition de capacités de maintien de la paix, de transport et de logistique. Les membres du G8 réaffirment leur volonté d'appuyer les opérations de paix de l'ONU, là où elles seront déployées.
- Prévention des conflits : L'échange régulier d'information sur nos façons respectives d'évaluer les pays à risque; l'élaboration d'outils communs d'évaluation des conflits en tenant compte des structures et des mécanismes qui existent déjà, de manière à repérer les pays à risque et à concentrer notre attention sur ceux-ci et de manière à resserrer la collaboration en vue d'une action commune; les pays du G8 devraient consulter l'ONU pour garantir la compatibilité des outils et des méthodes. Ces outils d'évaluation des conflits doivent être élaborés par des spécialistes du G8, dans un premier temps, en coordination étroite avec l'ONU, et, ultérieurement, avec la participation d'autres partenaires et organisations régionales d'une importance cruciale.
- Coordination : La désignation de points de convergence nationaux ou organisationnels (personnes ou bureaux) pour la coordination de l'action internationale. Les points de convergence nationaux collaboreront étroitement avec des représentants d'institutions nationales, telles que l'ONU, ainsi qu'avec le G8 et d'autres partenaires et organisations régionales, afin d'améliorer la coordination du travail national et multilatéral qui se fait dans les États sortant d'une crise sur les plans de la réforme et du renforcement des capacités dans les domaines de la justice et de la sécurité, de la gouvernance du secteur public, de la reddition de comptes selon les principes démocratiques et du bien-être social.
- Sensibilisation aux capacités ou aux lacunes : La tenue de discussions régulières sur les capacités des organisations et des gouvernements, pour relever les lacunes auxquelles il faut remédier et connaître à l'avance les capacités d'organisations ou de gouvernements précis, y compris pour établir des priorités en vue de l'utilisation de ces mêmes capacités; la mise en place de mécanismes pour que tous les acteurs concernés prennent part au dialogue sur les crises à mesure qu'elles évoluent, et pour qu'ils coopèrent effectivement à la planification d'urgence.
- Mise en place préalable des ressources : Afin de faciliter une action rapide et efficace de l'ONU face aux crises, les pays du G8 s'engagent à mettre en oeuvre des réformes au sein de cette dernière, pour être sûrs qu'elle dispose à l'avance de ressources lorsqu'elle met sur pied de nouvelles opérations de maintien de la paix et de soutien à la paix : mise en place préalable de matériel à Brindisi; augmentation du montant des fonds préautorisés pour aider à la planification du Département des opérations de maintien de la paix; autorisation de mobiliser du personnel avant l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies autorisant une nouvelle opération de maintien de la paix.
- Renforcement des organisations régionales : S'engager à aider des acteurs régionaux en Afrique, en Asie et en Amérique latine à se doter d'une capacité de prévention et d'action face aux conflits. Les membres du G8 insistent sur l'importance d'une coopération dans ce domaine entre les organisations régionales et avec l'ONU.
- Interopérabilité : Nous comptons promouvoir des pratiques grâce auxquelles les missions de stabilisation et de reconstruction internationales seront de qualité et d'efficacité égales, quelle que soit l'organisation internationale (Union africaine ou toute autre organisation régionale au lieu de l'ONU) chargée de l'organisation et de la réalisation de la mission.
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